Ce qu'il faut savoir sur :

1. L' histoire de la Tarentaise

Temps de lecture estimé 4-6min

L’histoire de la Tarentaise, d’une richesse insoupçonnée, s’étale sur plusieurs millénaires.

Les premières traces d’humains date du néolithique (6000-2000 Avant JC), c’est à cette époque que le climat post glaciaire perd de sa vigueur, la faune et la flore se modifient ce qui permet le développement du pastoralisme.

A l’Age de bronze moyen (1600-1350 Avant JC), les conditions climatiques redeviennent défavorables impliquant une désaffection de la Tarentaise, puis au bronze final, un retour aux conditions plus clémentes entrainent un regain  de population comme l’atteste des tombes découvertes à St Jean de Belleville. La densité de population à plus de 1000m est alors importante entre 725 et 450 avant JC. Les squelettes découverts ne montrent aucune différence avec les habitants de la Savoie actuelle. C’est l’époque des fameuses pierres à cupules.

 

Vient ensuite la période des Ceutrons, ce peuple pré-celtique libre, alors que Rome occupait tout le pourtour de la méditerranée. Les druides sont les hommes de pouvoir, ce peuple vie dans de bonnes conditions grâce au pastoralisme, à la vente du sel (très précieux), et à l’exploitation des mines de métaux.  La résistance à l’invasion Romaine tient jusqu’à la fin du 1er siècle avant JC. La légende d’Innec et Lucretia (véritables  Roméo et Juliette) et la batille du verrou du Siaix se passe à cette époque.

 

Le territoire passe donc sous procuration impériale avec sa capitale Axima (Aime). La voie romaine, construite en - 45 avant JC, permet de nombreux échanges commerciaux, en plus du pastoralisme et de l’exploitation des mines. L’économie est florissante, et on exporte même du Vatusicum (jusqu’à Rome), fromage qui est un ancêtre du Beaufort.

Puis vient une courte période de cohabitation entre Romain et Burgondes (royaume de 443 à 534) qui laissera la place au développement du Christianisme.

 

L’archevêque règne alors sur la Tarentaise avec une grande liberté vis à vis de Rome pendant plusieurs siècles du moyen Age, souvent troublé par des invasions. En particulier au Xeme siècle et entre 970 et 1040, c’est l’Europe entière qui souffre de disette.

Après la disparition du dernier Rodolphien, la région semble abandonnée à elle même et peut dès lors s’affirmer comme étant la Savoie.

 

A partir du XI ème siècle c’est le grand essor féodal, les seigneuries comme les Briançons et les Montmayeur dominent la région.

Malgré les redevances aux seigneurs et la dime ecclésiastique, un renouveau économique et une poussé démographique s’installe durablement jusqu’au XIII eme siècle. Les populations de regroupent et s’organisent, on observe de plus en plus de demande de franchise et les petits gens gagnent progressivement en liberté.

Les confréries du St-Esprit (sorte de sécu de l’époque) se développent et sont le creuset de la solidarité montagnarde qui donneront naissance aux communes rurales, dans un style résolument démocratique. Leur apogée se situe au XV ème siècle.

La féodalité tente de barrer le chemin à ce progrès social et la peste bubonique met à mal tous ces efforts, avec une émigration importante au XIV ème siècle.

Reste qu’au XV ème siècle, l’essor économique est très bon et l’exploitation en commun des alpages devient la pierre angulaire de la vie locale tout en apportant une aisance à tous les membres de la société.

 

Accalmie de courte durée, le XVI ème siècle arrive : en 1536 la France envahit la Savoie malgré une forte résistance locale de plusieurs mois. En 1552 on tente encore une embuscade contre un capitaine Français, signe que les tarins s’obstinent. La guerre amène la disette et les épidémies peuvent alors frapper, les vagues de décès sont nombreuses jusqu’au milieu de XVII siècle (les pestes de 1536 et 1640, guerre avec Louis XIII en 1630).

C’est à cette époque que l’émigration (notamment saisonnière) est forte : exportation des productions locales par les pères et frères ainées. L’histoire du petit ramoneur nous vient de ces temps difficiles.

Cet argent frais a permis de renforcer la solidarité entre gens du pays, et une société nouvelle peut alors émerger de ces siècles aux nombreuses fatalités.

La municipalité prend son envol, avec la volonté ferme de gagner en liberté face à la féodalité et l’église qui conservaient tout de même une main mise sur certains bien communs. C’est en 1790  que toutes les communes ont enfin obtenu leur affranchissement.

 

En septembre 1792, les troupes républicaines issues de la révolution Française pénètrent en Savoie. Commence alors 13 années d’occupation militaire et de répression religieuse jusqu’à ce que Napoléon perde à Waterloo. Les Autrichiens occupent la Tarentaise puis Victor-Emmanuel 1er reprend ses droits sur la Savoie. La monarchie Sarde tiens le pouvoir jusqu’à l’annexion de la Savoie par la France en 1860, rare cas (si ce n’est pas le seul) d’une annexion réalisée sans bataille ni effusion de sang.

 

Les grandes révolution techniques et industrielle ont alors lieu : chemin de fer jusqu’à Bourg Saint Maurice en 1913, hydro-électricité avec les grands barrages. Cela permit alors l’implantation des industries de chimie et métallurgie et la modification de l’équilibre traditionnel. Les paysans n’ont plus à émigrer.

Puis les deux guerres mondiales passent par là, l’exode rural redevient fort dans les années 50. [1]

 

Vient alors l’essor du développement touristique. C’est l’époque du fameux plan neige dont le but est de permettre aux populations locales de trouver un moyen de subsistance supplémentaire pour pouvoir rester au pays et de donner l’accès au ski pour tous, à cette époque d’explosion du loisir populaire.

Il s’agit d’une activité très capitalistique, avec des ratios immobilisation/chiffre d’affaire presque comparables à ceux d’une industrie lourde.

Les principes de modernité de cette époque sous-tendent ce développement impressionnant.

Dans les années 1980-2000, les effets des chocs pétroliers se font sentir et le modèle vacille une première fois. Les taux de départ au ski commencent à stagner dès les années 1990 au même moment où la fiabilité en approvisionnement en neige  commence à manquer. C’est le début de la course à l’armement pour la neige de culture.

Puis les années 2000, c’est la maturation du marché qui devient très concurrentiel. On essaie donc une différenciation : augmentation des domaines avec des super-liaisons, centre aqua-ludique, marketing qui joue sur l’image de marque. Ces recettes ont tellement bien été appliquées par tout le monde qu’il n’y a, en définitive, aucune différenciation. [2]

 

On constate que la Tarentaise a été un territoire plutôt favorisé au cours de son histoire, avec beaucoup de périodes d’aisance économique. Les périodes sombres, souvent accompagnées d’émigration, ont été pour la plupart causées par des guerres (doublées d’épidémies). Les derniers siècles ont vu la montée d’une solidarité montagnarde importante, permettant une gestion des biens communs de façon plutôt démocratique. Ceci a servi de pilier assurant une bonne qualité de vie à l’ensemble des membres de la communauté locale.

 

A quoi ressemble notre territoire à l’aube de la décennie 2020-2030 :

  • Après des années de développement intensif, le tissu économique de Tarentaise ressemble à une monoculture liée au ski.

  • Le territoire est le plus gros bassin d’industrie touristique hivernale au monde avec plus de 350 000 lits touristiques et 3 des plus grands domaines skiables de la planète.

  • Une situation qui dépasse le plein emploi sur le territoire : de la main d’œuvre saisonnière est embauchée en grande quantité.

  • Le réchauffement climatique est le principal danger pour les stations de sport d’hiver.

  • La jeune clientèle ne souhaite désormais plus de vacances standardisées, mais veut vivre des expériences uniques, bien loin des centres touristiques industrialisés.

  • Le nombre de journée skieur vendu a atteint un sommet et commence à décliner pour l’ensemble des pays ayant une industrie touristique lourde : France, Italie, Suisse, Autriche, USA :

La Grande Sassière, face Sud (Photo B. Roumier)

Sources :

 

[1] Cette brève histoire de la Tarentaise en issue en grande partie du livre de Y. Brêche et L. Chavoutier, Une vieille vallée raconte ses souvenirs, Petite histoire de la Tarentaise, aux éditions Xavier Mappus.

[2] Anouk Bonnemain, Quelle capacité d’adaptation pour les stations de sports d’hiver de haute altitude des Alpes du Nord ? [en ligne]. Openedition.org [Consulté en Janvier 2019] https://journals.openedition.org/soe/1055

[3] Agence PopRock, Tout le monde dehors [en ligne]. poprock-agence.com [Consulté en Janvier 2019]  http://www.poprock-agence.com/telechargez-lextrait-de-letude-monde/

[4] Rapport automne 2018 GIEC, en anglais [en ligne]. [Consulté en Janvier 2019] https://report.ipcc.ch/sr15/pdf/sr15_spm_final.pdf 

[5] ibid.

[6] Article France bleu [en ligne]. francebleu.fr [Consulté en Janvier 2019]   https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/face-a-la-secheresse-la-station-de-la-clusaz-fabriquera-moins-de-neige-de-culture-cet-hiver-pour-1542126595

[7] Compte rendu des conférences [en ligne]. www.rencontres-meteo-montagne.com [Consulté en Janvier 2019]  http://www.rencontres-meteo-montagne.com/upload/tinymce/pdf/Compte-rendu-conferences-RCMM-2018.pdf

[8] Anouk Bonnemain, Quelle capacité d’adaptation pour les stations de sports d’hiver de haute altitude des Alpes du Nord ? [en ligne]. Openedition.org [Consulté en Janvier 2019] https://journals.openedition.org/soe/1055

[10]Page wikipédia Club Med [en ligne]. fr.wikipedia.org [Consulté en Janvier 2019] https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_M%C3%A9diterran%C3%A9e

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